Europe

Pour une Europe illibérale

Entre la notion de frontière et l’idéologie du capitalisme libéral, la contradiction est donc totale. L’apparition des démocraties illibérales le confirme. J’ai envie de dire que celui qui pourrait en tirer la leçon, puisqu’il sait à l’occasion critiquer le libéralisme, c’est bien le pape François, qui ne manque pourtant jamais une occasion de prêcher l’accueil inconditionnel des « migrants » quels qu’ils soient. « Il faut construire des ponts, et non pas des murs », dit le pape François (qui est ici dans son rôle puisque le peuple de Dieu ne connaît pas de frontières et qu’un souverain pontife est étymologiquement un pontifex, c’est-à-dire un homme « qui fait le pont »). Mais c’est là une alternative irrecevable. Le pape oublie seulement qu’entre les murs et les ponts, il y a aussi des portes, qui peuvent être ouvertes ou fermées selon les circonstances, et surtout qu’en certains cas le pont le plus efficace est le pont-levis, qui se baisse ou qui se lève pour ouvrir ou fermer le passage permettant d’accéder à une cité menacée.

Horizon de l'Empire Idéal

La nourriture sera la plus écologiquement pure et sera distribuée gratuitement, comme un cadeau. Il y aura une quantité exceptionnelle de saucisses, de fromages et de noisettes dans l’Empire.
En ce qui concerne le genre, les femmes seront estimées dans l'Empire, car elles sont plus intéressantes que les hommes (et plus belles). Les hommes ne seront pas bouleversés par le fait que l'envie sera abolie par décret (le premier décret supprimera l'envie, la jalousie et la propriété ; l'envie sera punie par trois coups de lierre pour un regard envieux et six pour un mot jaloux).
Les femmes aimeront l'Empire et le chériront chaque matin en saluant le soleil.
La moralité changera. Le mot "mal" sera exclu du lexique avec toutes les autres mauvaises expressions. Au lieu de cela, on introduira le concept progressif de «moins bien» : « une personne moins bonne a volé un pain au marché. Elle mérite moins d'amour et moins de respect que celle qui a demandé une quiche et qui en a reçu effectivement une, avec un doux sourire ».
Tout le monde sourira et rira aux funérailles, car, étant donné que ce monde est si beau, qu’en sera-il du prochain… ? Et alors la mort sera comprise comme un retour à l’eidos (επιστροφή).

Le retour des Grands Moments

L’article de Brandon W. Hawk est de ce même style. Cela démontre qu’il n’a aucune connaissance de mes écrits, ni aucun intérêt pour eux. Cela dit simplement que M. Douguine est contre le globalisme libéral (oui, c'est vrai) et que sur un de ses sites pris au hasard (et il en a beaucoup, et une grande partie d'entre eux sont fabriqués et entretenus par des personnes totalement inconnues de lui-même, qu'il s'agisse d'amis trolls ou haineux), il y a des images représentant le Moyen Âge européen - y compris Notre-Dame-de-Paris avant l'incendie.
Le mot « tradition » est mentionné (parfois avec un « T » majuscule) et Carl Schmitt et Heidegger sont souvent cités. À n’en pas douter : il est un nazi. Il soutient Poutine ? Magnifique - il est le "nazi de Poutine". Dangereux ? Bien sûr, exactement comme Milo Yiannopoulos, ou peut-être beaucoup plus (armes nucléaires incluses). Brandon W. Hawk a presque terminé son article. Quoi d'autre ? Ah !: Bannon est de retour et Trump entre dans sa deuxième campagne électorale. Laissons l’influence nazie de Poutine sur Bannon et Trump. Donc, ils sont nazis et sont entre les mains de Poutine - eh bien le rapport de Mueller doit être considéré en quelque sorte comme faux. Une nouvelle enquête est nécessaire. Maintenant, tout s’intègre parfaitement.
Le Washington Post publie cet article avec impatience. Le joyeux petit libéral de Goebbels, Brandon W. Hawk, a bien fait son travail. La conspiration pour la restauration du maléfique empire médiéval par la collusion nazie de Poutine et Dugin-Bannon-Trump devient un fait établi. Le texte - écrit par un idiot, publié dans un magazine de, par et pour des idiots - est prêt. Rien de personnel - juste une guerre idéologique qui fait rage. Le libéralisme et le mondialisme se défendent et attaquent les « ennemis de la société ouverte » - telle est l'orthodoxie du programme Popper / Soros. Mentir, mentir, mentir fort et fier et ils obéiront à vos ordres autoritaires.

L’approche eurasienne de la multipolarité (Alexandre Douguine)

La multipolarité ne serait pas non plus assimilable à un monde sans pôle où émergerait un modèle de gouvernement mondial basé sur la coopération des acteurs étatiques et non étatiques (ONG, mouvements citoyens, etc.). Conceptualisé notamment sous le terme de non-polarité, ce modèle amènerait la disparition de l’unipolarité dominée par Washington pour privilégier des instances de niveau inférieur où les prises de décisions concerneraient l’humanité entière. Un tel système ne serait pas une alternative à l’unipolarité, mais une continuation accentuant le phénomène de mondialisation dans une échelle supérieure. Dans un tel système, «  l’économie remplacerait la politique et la libre concurrence sur le marché mondial balaierait toutes les barrières douanières nationales. […] Ce serait l’ère de la démocratie mondiale  » (p.15). Ainsi, «  l’humanité atomisée et individualisée serait transformée en une “société civile” cosmopolite et sans frontière  » (p.17). Oui, nous sommes très loin de la doxa universitaire.

Douguine, le populisme, la Tradition et les GJ

Les gilets jaunes se sont rebellés contre Macron et contre l’élite libérale au pouvoir. Mais aujourd’hui, ce n’est déjà plus un mouvement de droite ou de gauche classique. Macron est de gauche pour le soutien de la migration, la protection des minorités, la légalisation de la dégénérescence et le soi-disant “marxisme culturel”, mais il est de droite (droite libérale) en termes d’économie, défendant fermement les intérêts des grandes entreprises et de la bureaucratie européenne. Il est un pur globaliste, ne dédaignant pas une affirmation directe de son appartenance à la franc-maçonnerie (son fameux signe de la main représentant un triangle), même avec des slogans sataniques explicites : « Faites ce que vous voulez, votez pour Macron. » La révolte des gilets jaunes est précisément contre cette combinaison de droite libérale et de gauche libérale.

Si Mélenchon et Marine Le Pen ne peuvent pas être unis politiquement, étant l’un trop à gauche et l’autre trop à droite, les gilets jaunes le feront à la place de ces dirigeants politiques cherchant à diriger un mouvement populiste. Les gilets jaunes ne sont pas seulement contre la politique économique ou l’immigration – ils sont contre Macron en tant que symbole de l’ensemble du système, contre le globalisme, contre le totalitarisme libéral, contre “l’état actuel des choses”. Le mouvement des gilets jaunes est une révolution populiste et populaire. Et le mot “peuple” (populus, “le peuple”) doit être pris littéralement dans le concept de “populisme”.

The Rise of the Fourth Political Theory

De la première, la démocratie libérale, Dougine prétend qu’elle n’opère plus comme une idéologie mais comme quelque chose d’acquis, qui va de soi, au point qu’elle en occulte sa réalité politique et menace de monopoliser le discours politique et de plonger le monde dans une unidimensionnalité universelle qui efface la diversité des peuples et des cultures. C’est, notamment, à ce niveau là que Dougine situe la nécessité d’une quatrième théorie politique, empreinte de conservatisme.

Aux yeux de Dougine, le conservateur est un humaniste dans la mesure où il est au côté de l’homme dans ce que l’homme comporte de constant, aussi paradoxal et contradictoire que ça puisse paraître, l’homme enraciné dans l’être de manière différente de toute autre chose enracinée dans l’être, c’est à dire de la manière dont le conçoit Heidegger en parlant de Dasein.

Au cœur de la théorie de l’eurasisme se trouve la notion de « narod », le peuple en tant que porteur de la culture, comme principe premier et ultime. « Le « narod » précède notre naissance et survit à notre mort, écrit Dougine. Il existe toujours. Notre propre corporéité toute relative pâlit devant le caractère absolu, éternel et infini de la corporéité du « narod » à proprement parler. Le « narod » est le corps commun global et la valeur constante absolue. » Le langage, cette « parole poétique » selon Heidegger, qui nous précède, nous est transmis et nous survit, en est l’une des facettes les plus marquantes.

QU’EST-CE QUI NE VA PAS AVEC L’EUROPE ?

Idéologiquement, le problème est le libéralisme qui est imposé à l’Europe et au reste de  l’humanité par le monde anglo-saxon en tant que seule idéologie unique et officielle. Le libéralisme affirme seulement l’identité individuelle et prohibe toutes les identités collectives ou organiques. Ainsi, étape par étape, le libéralisme refuse la religion, la nation, le genre, et l’appartenance en général, afin de libérer complètement l’individu de toute sorte de holisme. Une manifestation politique essentielle de ce problème est le genre, puisque les libéraux insistent sur la « nature optionnelle » du genre et le présentent comme un choix individuel. Auparavant, le combat libéral était centré sur le choix individuel de la religion ou de la nationalité, mais maintenant il a atteint le domaine du genre. Cependant un autre problème crucial est l’immigration. Refusant de reconnaître les identités religieuses ou culturelles, ou même l’identité basée sur le genre, le libéralisme ne considère pas un immigrant comme un porteur d’une identité différente. Au contraire, il le considère seulement comme un individu isolé. Ainsi, le libéralisme détruit tout sens de l’identité collective et, logiquement, le libéralisme détruit l’identité européenne (avec sa soi-disant tolérance et ses théories des droits humains). Avec la destruction intensive de l’identité sexuelle, cela accélère la fin de la société en tant que telle. Le fait même d’accepter le libéralisme comme idéologie dominante garantit la fin de l’Europe elle-même.

LE TROISIEME TOTALITARISME

En science politique, le concept de totalitarisme est appliqué aux idéologies communiste et fasciste, qui proclament ouvertement la supériorité du tout (la classe et la société dans le communisme et le socialisme ; l’Etat, dans le fascisme ; la race, dans le national-socialisme) sur le privé (l’individu).

Ils s’opposent à l’idéologie libérale, pour laquelle, au contraire, le privé (l’individu) est placé au-dessus du tout (comme si ce tout ne pouvait pas être compris en tant que tel). Le libéralisme combat alors le totalitarisme en général, incluant celui du communisme et du fascisme. Mais en faisant cela, le terme même de « totalitarisme » révèle ses liens avec l’idéologie libérale, et ni les communistes ni les fascistes n’accepteront le terme. Ainsi, quiconque utilise le mot « totalitaire » est un libéral, qu’il en ait conscience ou non.

UNE NOUVELLE LUTTE DES CLASSES EN OCCIDENT

Pendant des années, la vie politique en Occident fut assez simple et se résumait principalement à un affrontement entre la droite et la gauche. Sociologiquement, la bourgeoisie et les personnes pourvues de fortune ou de revenus élevés étaient majoritairement de droite. Les personnes moins riches et notamment les ouvriers votaient à gauche.

Certes, la droite et la gauche n’étaient pas homogènes. En France, on avait essentiellement deux droites et deux gauches. A droite, il y avait la bourgeoisie libérale et atlantiste, d’une part, et les classes moyennes patriotes mais aussi attachées aux libertés, les gaullistes. A gauche, il y avait les socialistes et les radicaux, mélangeant des éléments de libéralisme et de socialisme étatique. Il y avait aussi l’extrême gauche dont la force majeure était le parti communiste français.

« Finalement, la volte-face d’Aléxis Tsípras s’explique très bien »

Les perroquets qui répètent des propos de bistrot peuvent bien dauber sur la « fainéantise » des Grecs et la « gabegie des fonctionnaires ». Ils feraient mieux de consulter les chiffres de l’OCDE. En 2014, les Grecs ont travaillé en moyenne 2.042 heures, soit plus que les Français (1.489 heures) et les Allemands (1.371 heures). En 2011, les fonctionnaires représentaient en Grèce 8 % de l’emploi, contre 11 % en Allemagne. En réalité, Joseph Stiglitz et Paul Krugman, tous deux prix Nobel d’économie, l’ont dit avec netteté, et l’ancien ministre Yánis Varoufákis n’a lui aussi cessé de le rappeler, l’économie grecque s’est effondrée, non pas en dépit, mais à cause des mesures d’austérité qu’on lui a imposées. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on se retrouvera dans quelque temps exactement dans la même situation qu’auparavant. Le FMI prévoit déjà que le taux d’endettement atteindra d’ici deux ans 200 % du PIB. D’ici là, une crise politique est plus que probable. Comme disait le regretté Philippe Muray,« le réel est reporté à une date ultérieure ».

Le Referendum grec, vu de Russie.

Être ou ne pas être. La question sera tranchée le 5 juillet. Si la Grèce est, l’Union européenne n’est plus. Si l’Union européenne est, une Grèce souveraine ne peut exister. Si le peuple vote en faveur des mesures que l’Union européenne veut imposer, il ne sera plus question en Grèce ni de souveraineté, ni de politique sociale, ni de pensions, ni d’avantages, ni de droits économiques. Le pays passera sous le marteau. Si le peuple se prononce contre ces mesures, pour la Grèce, et non seulement pour la Grèce mais pour toute l’Europe, et même pour le monde entier, commencera une ère nouvelle ; les règles auront radicalement changé. Certaines portes se refermeront, d’autres s’ouvriront, en Eurasie, en Russie, à l’Est. Cela ne signifie pas que ce sera facile. Ce sera même difficile, mais la Grèce vaincra, tout comme la liberté et la dignité nationale. Dire non à la Troïka c’est dire « la Grèce est ».

Types et figures dans l’oeuvre d’Ernst Jünger. Le Soldat du front, le Travailleur, le Rebelle et l’Anarque

Voyons maintenant ce qui distingue la Figure et le Type. Par rapport à la Figure, plus englobante, mais aussi plus floue, le Type est plus limité. Ses contours sont relativement nets, ce qui en fait une sorte d’intermédiaire entre le phénomène et la Figure: «Il est, dit Jünger, l’image modèle du phénomène et l’image garante de la Figure». La Figure a une plus grande extension que le Type. Elle excède le Type, comme la matrice qui donne la forme excède cette forme même. En outre, si le Type qualifie une famille, la Figure tend plutôt à qualifier un règne ou une époque. Des Types différents peuvent coexister les uns à côté des autres, tandis qu’en un même temps et lieu, il n’y a place que pour une seule Figure. De ce point de vue, le rapport entre la Figure et le Type es comparable au rapport de l’Un et du multiple. (C’est pourquoi Jünger écrit: «Le monothéisme ne peut connaître, en stricte logique, qu’une seule Figure. C’est pourquoi il ravale les dieux au rang de Types»). Ce qui revient à dire que la Figure n’est pas seulement un Type plus étendu, mais qu’entre la Figure et le Type, il y a aussi une différence de nature. Aussi la Figure peut-elle susciter des Types, en leur assignant une mission et un sens.

Ces nationalistes ukrainiens qui jouent le jeu des USA…

Pas plus que je ne suis de ceux qui le jugent avec des formules toutes faites qui ne reflètent jamais que leur ignorance (« nouveau tsar », « ancien kagébiste », « dictateur rouge-brun », etc.), je ne suis un poutinolâtre. Vladimir Poutine n’a certainement pas que des qualités. Sa politique intérieure, ses méthodes de gouvernement peuvent sans doute être critiquées. Il y aussi, chez lui, une sorte d’indécision qui l’empêche de trancher clairement entre les différents clans qui le conseillent. Mais il n’en est pas moins évident que c’est un grand, sinon un très grand chef d’État – l’un des seuls qui existent aujourd’hui. Fort d’un taux de popularité qui excède aujourd’hui 90 %, il a remis la Russie sur ses rails, et aspire à lui rendre le rang qui lui revient. Il veut que cette Russie soit fidèle à son histoire et pense que son peuple mérite d’avoir un destin. C’est déjà énorme. Le simple fait que les États-Unis voient en lui l’obstacle n° 1 à l’instauration du nouvel ordre mondial qu’ils veulent imposer justifie à lui seul qu’on lui apporte un soutien mérité. Car ce contre quoi il se dresse nous menace aussi. Ici et maintenant.

Sur les Identitaires, la Tradition et la révolution globale

Je considère que les Identitaires sont des alliés quand ils refusent la modernité, l’oligarchie globale et le capitalisme libéral mortifère pour les cultures ethniques et les traditions.

L’ordre politique moderne est essentiellement global et est purement basé sur l’identité individuelle. C’est le pire ordre possible et il doit être totalement détruit.

Quand les Identitaires militent pour une réaffirmation de la Tradition et des anciennes cultures des peuples européens, ils ont raison. Mais quand ils attaquent les immigrés, les musulmans ou les nationalistes des autres pays (sur la base de conflits historiques), quand ils défendent les États-Unis, l’atlantisme, le libéralisme ou la modernité, quand ils considèrent la race blanche (qui est celle qui a produit la modernité) comme la race supérieure et affirment que les autres races sont inférieures, je suis en total désaccord avec eux.

Plus que cela, je ne peux défendre les Blancs contre les non-Blancs pour la seule raison que je suis un Blanc et un Indo-Européen moi-même. Je reconnais la différence des autres groupes ethniques comme une chose naturelle et je refuse toute hiérarchie entre les peuples parce qu’il n’existe pas, et qu’il ne peut pas exister, de mesure universelle pour comparer les sociétés ethniques et les systèmes de valeur.

EURASISME : UNE ARME DE GUERRE CONTRE LE MONDIALISME

Comme prévu, la « Troisième Voie » n’a jamais existé dans le réel. La révolution populaire de Maïdan, qui partait d’une contestation légitime (dégager le mafieux Ianoukovitch) a été subvertie très rapidement par toute la clique orangiste (pro-UE) qui s’y préparait depuis longtemps. Tous les chapitres de cette pièce bien connue se sont déroulés comme au théâtre : les drapeaux européens, la romance des barricades, les snipers, Bernard-Henri-Lévy, les méchants « titushkis » (en Syrie, c’étaient « les shabihas ») et finalement la fuite du président déchu et le gouvernement de transition composé de ronds-de-cuirs occidentalisés et présélectionnés. Iatseniouk prônant « l’Open Society » (société ouverte) chère à l’activiste orangiste et milliardaire américain George Soros. La formation d’une « garde nationale » et ses uniformes américains, comme en Libye. La stigmatisation des éléments réellement révolutionnaires du Maïdan (« les extrémistes ») et la « nuit des longs couteaux » (assassinat de Shashko Biliy par la police du nouveau régime). Focalisation de la colère vers la « menace russe » extérieure. L’appel de solidarité aux nationalistes d’Europe, pour rejouer encore une fois le Front de l’Est, la Croatie ou la Géorgie face aux « russo-bolcheviks ». La formation d’une brigade de volontaires internationaux (par Gaston Besson, vétéran de Croatie et de Birmanie). Tout s’est passé comme nous l’avions prévu, au détail près.

Eurasisme : Une Arme de Guerre contre le Mondialisme

Comme prévu, la « Troisième Voie » n’a jamais existé dans le réel. La révolution populaire de Maïdan, qui partait d’une contestation légitime (dégager le mafieux Ianoukovitch) a été subvertie très rapidement par toute la clique orangiste (pro-UE) qui s’y préparait depuis longtemps. Tous les chapitres de cette pièce bien connue se sont déroulés comme au théâtre : les drapeaux européens, la romance des barricades, les snipers, Bernard-Henri-Lévy, les méchants « titushkis » (en Syrie, c’étaient « les shabihas ») et finalement la fuite du président déchu et le gouvernement de transition composé de ronds-de-cuirs occidentalisés et présélectionnés. Iatseniouk prônant « l’Open Society » (société ouverte) chère à l’activiste orangiste et milliardaire américain George Soros. La formation d’une « garde nationale » et ses uniformes américains, comme en Libye. La stigmatisation des éléments réellement révolutionnaires du Maïdan (« les extrémistes ») et la « nuit des longs couteaux » (assassinat de Shashko Biliy par la police du nouveau régime). Focalisation de la colère vers la « menace russe » extérieure. L’appel de solidarité aux nationalistes d’Europe, pour rejouer encore une fois le Front de l’Est, la Croatie ou la Géorgie face aux « russo-bolcheviks ». La formation d’une brigade de volontaires internationaux (par Gaston Besson, vétéran de Croatie et de Birmanie). Tout s’est passé comme nous l’avions prévu, au détail près.

 

Europe-marché ou Europe-puissance

Obsédés par l’économie, les « pères fondateurs » des Communautés européennes ont volontairement laissé la culture de côté. Leur projet d’origine visait à fondre les nations dans des espaces d’action d’un genre nouveau dans une optique fonctionnaliste. Pour Jean Monnet et ses amis, il s’agissait de parvenir à une mutuelle intrication des économies nationales d’un niveau tel que l’union politique deviendrait nécessaire, car elle s’avèrerait moins coûteuse que la désunion. N’oublions pas d’ailleurs que le premier nom de « l’Europe » fut celui de « Marché commun ». Cet économisme initial a bien entendu favorisé la dérive libérale des institutions, ainsi que la lecture essentiellement économique des politiques publiques qui sera faite à Bruxelles. Loin de préparer l’avènement d’une Europe politique, l’hypertrophie de l’économie a rapidement entraîné la dépolitisation, la consécration du pouvoir des experts, ainsi que la mise en œuvre de stratégies technocratiques.

L'Eurasisme selon Alexandre Douguine

La fin du XXème siècle se caractérise par la victoire totale, massive, de la « première théorie politique », le libéralisme, qui a vaincu définitivement les deux autres, le fascisme, en 1945, et le marxisme, en 1989. N’ayant plus d’adversaire capable de soutenir théoriquement et pratiquement la contradiction, et porté par sa logique destructrice, qui le mène à transcender toutes les limites, il tend, à partir de son noyau, les Etats-Unis d’Amérique, à se répandre sur toute la planète, éradiquant les racines des peuples et leur identité. De fait, il se nie lui-même, en abolissant son substrat idéologique, l’humanisme issu de la Renaissance, dont l’incarnation est l’individu. La postmodernité est en effet, après la fin des grands récits, la gestion des choses de l’économie, et le ravalement de l’homme et du réel au rang d’objet démontable et recomposable. A ce cauchemar, s’oppose le conservatisme, dans le sens que lui donnait en partie la Révolution conservatrice, concept que Douguine approfondit comme incrustation, dans l’ordre humain, de l’éternité, qui s'oppose au mythe du progrès et au « nomadisme de l'asphalte ».

Pour un Eurasisme européen

Le conflit ukrainien nous donne l'occasion de souligner à nouveau que pour répondre à l'eurasisme douguinien - comme base théorique pour une Quatrième philosophie politique - et sortir de la Nuit du Libéralisme triomphant (post-libéralisme), il faut lui répondre sur le même plan, sur un plan eurasiste, il faut nous emparer de la grille de lecture, de la méthodologie et de la question eurasiste, la formuler, théoriser un eurasisme français, dissident, un eurasisme pour la Middle Europa, car si, craintifs, conservateurs, nous voyons l'eurasisme uniquement comme une réminiscence de l'impérialisme russo-soviétique, que nous aidons à réactiver le modèle du monde bipolaire de la Guerre froide à travers une reformulation de l'opposition nécessaire au bon fonctionnement du mondialisme qui se résume à l’affrontement extrême - antiradical et antitraditionnel - communisme/national-socialisme, et que nous réduisons donc la voie eurasiste, la Quatrième théorie politique, à un néo-communisme ou un national-bolchévisme 2.0, comme complexe post-impérial et réflexe impérialiste russe, nous travaillons pour les mondialistes, reconstruisons avec eux l'ennemi idéalement nécessaire pour maintenir le statu quo, l'hégémonie du monde unipolaire/bipolaire (Multilatéralisme ?), et c'est ce que l'eurasisme sera, ou ce à quoi il servira.

Ukraine : la fin de la guerre froide n'a jamais eu lieu

L’affaire ukrainienne est une affaire complexe et aussi une affaire grave (à une autre époque et en d’autres circonstances, elle aurait très bien pu donner lieu à une guerre régionale, voire mondiale). Sa complexité résulte du fait que les données dont on dispose peuvent amener à porter sur elle des jugements contradictoires. En pareille circonstance, il faut donc déterminer ce qui est essentiel et ce qui est secondaire. Ce qui est essentiel pour moi est le rapport de forces existant à l’échelle mondiale entre les partisans d’un monde multipolaire, dont je fais partie, et ceux qui souhaitent ou acceptent un monde unipolaire soumis à l’idéologie dominante que représente le capitalisme libéral. Dans une telle perspective, tout ce qui contribue à diminuer l’emprise américano-occidentale sur le monde est une bonne chose, tout ce qui tend à l’augmenter en est une mauvaise.

 

Unis par la haine

Pourquoi l’Union européenne souhaite-t-elle tant intégrer tous ces problèmes dans sa sphère d’influence ?
L’Union européenne n’y a aucun intérêt. Ce sont les États-Unis qui y ont intérêt. On assiste actuellement à une campagne politique contre la Russie. L’invitation faite par Bruxelles à l’Ukraine de rejoindre l’UE a immédiatement entraîné un conflit entre l’UE et Moscou et un conflit interne en Ukraine. Cela n’a rien de surprenant pour qui connaît la société ukrainienne et son histoire.
Mais le président Viktor Yanukovych a refusé l’invitation de l’Occident. 
Bien sur qu’il l’a refusée. Il a été élu par l’Ukraine orientale pro-russe et non pas par l’Ukraine occidentale. Yanukovych ne peut pas agir contre les intérêts et les souhaits de sa base électorale. S’il avait accepté l’invitation de l’Union Européenne, il aurait immédiatement été considéré comme un traitre par ses électeurs. Les partisans de Yanukovych veulent l’intégration avec la Russie. Pour parler clairement : Yanukovych a simplement fait ce qui était logique pour lui. Il n’y a ni surprise, ni miracle, simplement une logique politique.

Motivations géopolitiques de la politique occidentale de terre brûlée en Roumanie actuelle

Il faut donc se rendre à l’évidence : qu’ils agissent sous le masque de telle ou telle idéologie – selon la mode du XXe siècle – ou reviennent – comme en ce moment – à une sincérité presque cynique dans l’application d’unerealpolitik bien assumée en tant que telle, comme au XIXe siècle, les Anglo-saxons, les Russes et les Chinois, que ce soit dans les années 1950 en Corée, en 2013 en Syrie ou plus tard ailleurs, ne se font pas, ne se sont jamais faits et ne se feront jamais la guerre pour des raisons essentiellement idéologiques, mais en raison d’une structure historique qu’analyse, dans ses très divers aspects (géographiques, religieux, militaires, sociologiques etc.) une science dont les chancelleries n’ont jamais vraiment perdu l’usage, mais que l’homo ideologicus du XXe siècle avait cherché à écarter de l’ordre du jour des grands débats d’idées européens : la géopolitique.

Dans un tel contexte, on ne s’étonnera pas de constater que l’un des principaux penseurs politiques de notre époque, le russe Alexandre Douguine, est à la fois un philosophe à l’occidentale, un penseur traditionnaliste et… un géopoliticien. La « quatrième théorie politique » qu’il promeut (choix lexical assez malheureux) n’est à vrai dire ni « théorique », ni « politique » dans le sens que le XXe siècle, et avant lui les promoteurs des trois théories précédentes (libéralisme, communisme et fascisme) donnaient à ces termes ; elle constitue, finalement, bien plus une synthèse géopolitique qu’un système philosophique (là encore, à condition d’entendre « système » et « philosophie » dans leur sens spécifiquement occidental).

Apres la chute et la renaissance du Tragique

Nous pouvons remplacer le substantif « la chute » par d’autres expressions qui possèdent des significations plus chargées, telles que « la fin des temps », la « décadence » ou le « chaos» – ou bien « la fin d’un monde», faute de dire « la fin du monde ». Ces mots et ces expressions me viennent à l’esprit, suivis par de nombreuses images liées à nos identités actuelles ou futures.

J’espère que personne ici ne prétend être un futurologue. Avec le recul, la plupart des futurologues ont été démentis dans leurs pronostics. Rappelons le récent effondrement de l’Union soviétique, phénomène que pas un seul soviétologue américain ou européen n’a pu prévoir.

Ma thèse principale est que les prophéties concernant la chute ne sont aucunement nouvelles. Depuis des temps immémoriaux, nous avons été témoins des histoires, des contes et des mythes qui présageaient le déclin ou la fin des temps. La grande majorité des penseurs et des auteurs européens, de l’Antiquité à la postmodernité, ont abordé dans leurs écrits la notion de la fin des temps et ses conséquences.

 

De la Quatrième théorie politique

 Pour aborder l'élaboration de cette Quatrième théorie politique, il est nécessaire :

- de modifier l’interprétation de l'histoire politique des derniers siècles en adoptant des nouveaux points de vues, au-delà des cadres des clichés idéologiques habituels des vieilles idéologies ;

- de se rendre compte de la structure profonde de la société globale apparaissant sous nos yeux ;

-de déchiffrer correctement le paradigme de l'époque post-moderne ;
- d'apprendre à s'opposer non pas à une idée politique, à un programme ou à une stratégie, mais à l'état des choses "objectif", au tissu social apolitique même de la (post-)société fracturée ;

-enfin, de bâtir un modèle politique autonome proposant une voie et un projet dans un monde d'impasses et du recyclage à l'infini de l'existant (la post-histoire, selon J. Baufrilard). » Alexandre Douguine - « La Quatrième théorie politique : La Russie et les idées politiques du XXIième siècle » - préface - p. 12

« La 4e théorie politique, celle dont le XXIe siècle a de toute évidence besoin, sera-t-elle une doctrine radicalement nouvelle ou fera-t-elle la synthèse de ce qu’il y avait de meilleur dans celles qui l’ont précédée ? C’est en tout cas à l’ébauche de cette théorie que ce que l’on appelé la « Nouvelle Droite » n’a cessé, depuis plus de quarante ans, de s’employer. » Alain de Benoist

Les structures anthropologiques de l'imaginaire chez les Celtes et les Germains.

 Disciple de Gaston Bachelard, Gilbert Durand propose une véritable "métaphysique de l'imaginaire", non plus fondée, comme celle d'Aristote ou de Descartes, sur la raison ou la logique, mais sur cette "liberté imaginaire", créatrice des structures fondamentales de l'être humain.

A travers ses multiples ouvrages, Gilbert Durand montre comment la pensée occidentale a constamment rabaissé, voire nié, la fonction d'imagination chez l'homme, la taxant de "folle du logis" ou de "maîtresse d'erreur et de fausseté" et ce, au profit de la raison. Encore aujourd'hui, pour la plupart des penseurs occidentaux, l'imaginaire est conçu comme un mode "primitif" de connaissance.

L'imaginaire est pour Gilbert Durand l'indicateur général de la science de l'homme, l'étalon or de l'hominisation. "C'est par lui que commence l'homme. Chez l'animal, les images primitives définissent et permettent l'équilibre de l'espèce. Mais, chez l'homme, ça se complexifie et ça éclate: les archétypes humains sont des réceptacles d'images possibles. Ils se dessinent en creux, et ces creux sont prêts à recevoir des images plus ou moins spécifiées par les cultures, les moments historiques, etc..." (G. Durand, "Le cordonnier de l'imaginaire", Le Point n°634, novembre 1984, page 187.)

 

Pages